Janike au Bénin

Mon expérience en tant que Thérapeute en réadaptation physique au Bénin, en Afrique.

29 décembre 2007

Déjà 2 mois...

Pour mes 2 mois au Bénin, j'ai décidé de vous partager quelques moments cocasses...

EPISODE 1: La fin de semaine du 20 au 23 décembre, je suis allé chez Marie-Michèle, à Abomey. Il y avait le Festival du Dahomey et nous avions un programme à première vue chargée pour le samedi;

  • match de foot à 14h,
  • danses traditionnelles à 18h,
  • Kondo le Requin, une pièce de théâtre, à 21h. 

Le festival était tellement bien organisé qu'il y avait même un dépliant avec toutes ces informations. En plus de ce programme, les 2 belges stagiaires en Kinés à Cotonou, ont décidés de venir passé le weed-end à Abomey aussi alors elles voulaient aller voir le musée, chose que nous avons déjà fait Marie et moi. Nous nous sommes donc levée ce samedi matin pour aller rejoindre les belges à leur hotel et ensuite aller un "Fizzi" dans une buvette avant le match de foot. Arrivée au terrain à 14h, aucune activité humaine (sauf 4 blanches) ne se faisait sentir! Nous avons donc décidés d'aller visiter un musée en attendant. Nous montons donc 2 par 2 sur les zems pour trouver un musée que Marie et moi n'avions pas encore visité mais la "ride" de moto à finalement été très compliqué. Ici, au Bénin, quand tu demande à un zems de t'amener à quelque part et qu'il te dis qu'il sait où ça se trouve, ce n'est pas toujours le cas. C'est quand tu commence à remarquer que tu ne reconnais pas le coin où tu te trouve et que les 2 chauffeurs se parlent en conduisant que tu comprend que tu es perdu!!! On se met donc à poser des questions au zem pour ce rendre compte qu'aucun des 2 ne parlent français, seulement fon. Moi, Janike, petite blanche venu du Canada, je commence à connaitre un peu la base alors je tente le coup en leur disant "hasé fongbé kpede" (je parle un peu fon). Le chauffeur s'arrète devant une ruine d'un palais et la pointe en disant "roi, roi". J'essaye de lui demander si on peut visiter "wa roiwé" (aller roi maison). Là j'ai eu l'air un peu folle alors ils ont trouvé quelqu'un qui parlait français pour nous traduire le tout. Finalement, le palais était fermé alors on est repartit sur nos zems à chercher un autre palais qu'on a jamais trouvé, on a donc pas visité de palais! On est revenu au terrain, il devait être 15h30 et toujours pas d'activité humaine! Après plusieurs autres complications que je vous parlerez à mon retour, la journée à finalement été;

  • tour de zems de 14h à 15h30
  • ne pas savoir quoi faire dans la ville de 15h30 à 16h30
  • retour à la maison de 16h30 à 19h
  • funérailles de 19h30 à 21h00
  • souper de 21h00 à 22h00
  • Kondo le requin de 23h00 à 2h00

Et oui, la pièce a eu lieu à 23h00 au lieu de 21h00. Rien de grave pour un abomeyin, même que Marcel l'avait prévu puisqu'il a retardé notre départ de la maison jusqu'à 22h00! Nous étions persuadé que la pièce serait terminé!!!

Morale: Ne soit pas pressé, ça sert à rien. Ca va seulement te faire perdre ton temps!

EPISODE 2 : Le 27 décembre, nous avions une réunion au Service de Rééducation sur le bilan de fin d'année et les nouvelles pour l'année 2008. Le service est situé juste à côté de l'urgence alors nous avons toujours les premières places sur le spectacle des blessés qui arrivent en ambulances ce qui dérange la plupart du temps mes traitements car les Béninois sont très curieux! Cette fois-ci était bien différentes par contre... J'ai regardé par la fenêtre vers l'urgence durant la réunion et je me suis rendu compte qu'il y avait des gens qui essayaient de placer une dame sur un zem. Ils avaient beaucoup de difficulté puisque la dame semblait complètement flasque. J'ai finalement réalisé qu'elle était morte... Au Bénin, certaines personnes, par manque d'argent, ne peuvent payer le corbillard pour venir chercher le mort alors ils prennent le moyen le moins cher: le zem. Ils attachent son corps au chauffeur et ses jambes à un membre de la famille qui s'assoit derrière elle. C'était toute une scène qui selon mes collègues arrivent assez fréquement...

Morale: Il y a toujours une solution...

EPISODE 3 : Jeudi passé, j'ai reçu un appel sur mon portable à 6h00 du matin.

C'est une chose passablement normale au Bénin car j'ai l'impression qu'ici, il n'y a pas vraiment d'heure pour appeler! Souvent, je vois mon père de famille prendre son téléphone à 23h-00h pour appeler des gens et il ne se demande même pas s'il va les déranger. En revanche, on répond toujours au téléphone, peut importe l'heure et peu importe l'endroit où l'on se trouve. Au début, j'étais tellement étonné de voir mes collègues kiné recevoir des appels à la tonne pendant qu'il travaillaient. Ils répondent! Ils peuvent être en train de faire une traction à un patient et ils vont s'arrêter pour prendre l'appel!

Alors je reviens à mon appel qui m'a réveillé ce matin-là et je me disais (avec ma mentalité de Québécoise) que ce devait être assez important mais non! C'était un homme qui habite à Porto-Novo et qui avait eu mon numéro de téléphone par les 2 belges avec qui ont a passé quelques fins de semaine. Elle lui ont donné mon numéro car elle se disaient que ça pourrait être bien pour moi d'avoir un ami à Porto, alors celui-ci m'appelle pour me dire qu'il veut bien être mon ami. Je n'ai qu'à l'appeler quand j'aurai du temps pour faire quelque chose avec lui. Avec votre mentalité de Québécois, vous vous dites sûrement que c'est super gentil de leur part mais moi avec mon expérience de québécoise qu Bénin depuis maintenant 2 mois, je peux vous dire que ce n'est pas nécessairement une bonne idée. Depuis que je suis ici, à tous les jours je me fais accoster dans la rue au moins 2 fois pour me demander mon numéro de téléphone. Quand on fait la gaffe de le donner, on se fait appeler à toute les semaines pour simplement savoir comment ça va et comment la famille va. Vous comprendrez donc que je suis nostalgique de la liberté de la vie sans cellulaire et j'ai bien hâte de m'en débarasser revenu au Québec!

Morale: Suit les conseils de ta maman: ne donnes pas ton numéro de téléphone au étranger!

EPISODE 4 : Marie-Michèle et moi sommes allé dans une buvette ce week-end pour parler un peu de nos stages et du bientôt début de notre rôle de superviseures (!!!). Bien qu'il n'y est personne dans la buvette sauf nous, après 10 minutes la serveuse n'est toujours pas venu nous voir alors je vais la voir pour l'informer qu'on es là (c'est une chose assez fréquente alors on se rend même plus compte et on le fais presque instinctivement tandis que les béninois s'affolent souvent devant ce genre d'incident). On décide de prendre ça relax et se prendre une bière mélangée avec du Sprite (mélange de papa Marcel que je me surprend d'aimer car moi et le sprite, ça fait 2 habituellement!). Marie commande une Tuborg mais ils n'en ont pas bien que les 2 affiches de la buvette soient sur un fond de publicité de Tuborg, le plateau de la serveuse est un Tuborg, les sous-verres sont à l'effigie de Tuborg ,...Tuborg!!!

Morale: Demande ce qu'il y a avant de commander et méfis-toi des affiches publicitaires!!!

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